Les contrats précaires (intérim, emplois saisonniers, jobs d’été) ont subi de plein fouet la crise sanitaire et économique. À l’heure actuelle, 80 % de l’activité économique a repris, mais la plupart des entreprises attendent le mois de septembre afin de statuer sur leurs prévisions d’embauche.

Le domaine de l’intérim représente les deux tiers des emplois anéantis durant la crise. D’après Prism’Emploi, ce secteur a subi une diminution de 70 % de son activité en mars. Aujourd’hui, nous constatons que la reprise de l’activité est plus compliquée que chez nos voisins Européens. Elle reprend petit à petit mais reste inégale en fonction des professions. En effet, avec la crainte d’une nouvelle vague, il est difficile de prédire des perspectives de plein emploi. Cependant, aujourd’hui, les mesures de confinement total semblent lointaines, le gouvernement souhaite relancer l’économie et par conséquent les recrutements.

L’article 41 de la loi du 17 juin 2020 portant sur les dispositions liées à la crise sanitaire prévoit un certain adoucissement des contrats de travail temporaire. Par accord d’entreprise, les règles relatives au renouvellement de contrats et au délai de carence entre deux missions sont en effet assouplies jusqu'au 31 décembre 2020, permettant aux agences et aux entreprises utilisatrices une plus grande flexibilité.

Quelles sont les prévisions de recrutement dans le domaine de l’intérim ? Quels métiers prévoient d’embaucher pour septembre ? Point sur les 10 secteurs les plus prometteurs.

1. Le transport et la logistique

Pendant la crise du covid-19, le domaine du transport et de la logistique a justifié tout son intérêt dans le fonctionnement de la vie du pays. En comparaison aux autres secteurs, sa diminution a été moins marquante. Selon Indeed, le nombre d’offres mises en ligne a même bondi depuis juin (1).

Le transport et la logistique comptent un volume de personnel très marqué par la présence d’intérimaires. Avant la crise nous comptions 12 % d’intérimaires, ce taux a augmenté à hauteur de 15 % en avril dernier (2). C’est avant tout la Supply Chain qui tire son épingle du jeu avec une augmentation des offres d’emploi dépassant même son niveau d’avant crise (3). En effet, les métiers de la préparation à la livraison de produits sont des fonctions qui ont poursuivi leur activité et qui continueront en septembre, les consommateurs étant désormais plus frileux à l’idée de se rendre en magasin et privilégiaient le e-commerce.

Dans un premier temps, nous pouvons citer les préparateurs de commandes dont le métier est de rassembler, conditionner et emballer les produits destinés à être livrés. L’explosion de la vente en ligne ces dernières années et en particulier ces derniers mois affirme sa légitimité.

Ensuite les magasiniers et les caristes sont des métiers porteurs et essentiels à la chaîne d’approvisionnement des produits. Même tendance pour les postes de coursiers et de livreurs, en particulier dans la livraison à domicile, qui continuent d’embaucher.

Sachant que le développement du e-commerce conduit directement au développement des métiers de la logistique, nous pouvons penser que ce secteur a encore de belles années devant lui. Même si la vente en ligne a quelque peu baissé durant la crise, les entreprises continuent de faire tourner leurs entrepôts ou de
trouver des solutions de substitution aux produits considérés comme n’étant pas des produits de première nécessité.

2. La grande distribution

La grande distribution est un domaine qui a tourné à plein régime durant la crise du Covid-19. La tendance actuelle de recruter de nouveaux employés s’accentue au regard de l’actualité économique et sanitaire.

Le secteur représentait environ 5 % des emplois intérimaires en avril 2020 contre 3,47 % en février dernier (4). Qu’ils soient hôtes de caisse, employés libre-service (ELS), managers de rayon ou qu’ils assurent la préparation des commandes du drive, la part des emplois intérimaires a considérablement augmenté.

Pourtant, depuis quelques années les prévisions quant à l’avenir de la grande distribution n’étaient guère optimistes. Les conséquences de la crise ont prouvé aux consommateurs sa nécessité. Attention cependant aux nouvelles tendances qui se dégagent : Les drives fermiers, les magasins bios, la vente de produits 100 % fait maison. La distribution de produits alimentaires est un domaine qui ne doit jamais cesser de se réinventer afin de satisfaire toujours plus les nouvelles habitudes des consommateurs.

3. Les conseillers en full remote

Les téléconseillers, télémarketeurs ou téléprospecteurs, peu importe le terme admis, ce métier ne connaît pas la crise et qui plus est, est accessible aux demandeurs d’emploi sans diplôme. Que ce soit pour répondre aux questions des utilisateurs, les renseigner ou les démarcher, ce type de poste n’a pas été impacté par la crise et a pu se réaliser à distance.

Toutes les entreprises vont continuer à avoir besoin de ces profils à la fois pour satisfaire les consommateurs mais aussi pour se procurer de nouveaux acquéreurs. Les entreprises recherchent déjà de nouveaux collaborateurs pour relancer leur conquête client à partir de la rentrée 2020.

4. Le marketing / la communication digitale

Le budget alloué aux services du marketing et de la communication a considérablement augmenté depuis quelques années. La place du digital au sein des habitudes des consommateurs n’est plus à illustrer et les jeunes diplômés sont de plus en plus attirés par ces domaines. La troisième phase de la révolution numérique est en place, nous attendons d'ailleurs, d'ici peu, l’émergence de nouveaux métiers. L’intérim représente d’ailleurs 22 % des contrats (5) dans ces deux domaines.

Growth Hacker, Responsable du Marketing Manager, Spécialiste SEO, Community Manager, CRM Manager, ces professionnels du digital n’ont pas vécu la crise de la même façon que les autres professions. Les métiers liés au marketing de contenu se sont renforcés. Contrairement à la crise de 2008, les entreprises ont compris qu’il fallait absolument communiquer auprès de leur réseau pour les rassurer sur leur actualité. Les demandes de gestion des sites de e-commerce ainsi que celle liées à définition de la stratégie digitale se sont accentuées.

5. L’IT (Technologie de l'Information)

La crise nous a appris que les métiers pénuriques d’aujourd’hui le seront toujours demain. Le covid-19 n’a pas permis à tous les demandeurs d’emploi de se former à de nouveaux métiers qui manquent cruellement de main d’œuvre.

L’un des plus grands avantages au sein des métiers de l’IT est que ceux-ci sont souvent réalisés à distance (en télétravail). D’ailleurs, les candidats, fortement plébiscités, imposent couramment leurs prétentions en termes de conditions de travail.

Parmi les métiers les plus en vogue nous retrouvons sans surprise les Développeurs (Java, Python ...). Les demandes de développeurs sont toujours dans l’ère du temps, les entreprises ayant profité de la crise pour renforcer la place de l’IT au sein de leur structure. Elles ont d’ailleurs compris l’importance de conserver leur part de numérique et de digital, non seulement pour se conformer à
l’évolution technologique, mais également pour développer de nouveaux concepts en termes d’innovation.

Parmi les autres métiers en vogue et qui vont continuer de recruter nous retrouvons également les Techniciens Lead Big Data et les Ingénieurs en Cybersécurité. La cybersécurité est ainsi devenue tendance ces dernières années, si bien que de nombreuses formations dans ce domaine ont vu le jour.

6. Les métiers de l’administration du personnel

D’après Emploi.gouv le domaine du tertiaire n’est pas celui qui a subi la plus grosse baisse d’emplois entre mars et mai 2020 (moins de 17%). Mais il représente tout de même 42 % de l’emploi en agence d’intérim.

Directement liés aux agences spécialisées dans le tertiaire, les collaborateurs comptables, gestionnaires de paies, les auditeurs ou les assistants administratifs ont été moins impactés par le recrutement et prévoient même de recruter à partir de septembre. Même si la digitalisation et l’automatisation des tâches a tendance à réduire le nombre de salariés de ce secteur, l’embauche est toujours d’actualité. L’audit et la comptabilité sont des professions très réglementées et représentent un passage obligatoire, crise ou pas crise.

7. Le service à la personne et le médical

Les secteurs du service à la personne et du médical ont été les premiers au front durant la crise du covid-19. Très populaires, ces professions nous ont particulièrement touché ces derniers mois. Seconde vague ou non, ce domaine ne connaît pas de crise du recrutement.

D’après un sondage d’Indeed en mai 2020, tous les secteurs d’activités ont été nettement ou beaucoup en baisse durant la crise du covid-19 sauf celui du médical et en particulier des soins infirmiers.

Les médecins qu’ils soient généralistes ou spécialisés ainsi que les infirmiers (en hôpital ou à domicile) sont des métiers toujours très recherchés. D’après Pôle Emploi, environ 48 % des besoins en recrutement d’infirmiers présentent des difficultés d’embauche (6). La demande d’aides-soignants, dans les hôpitaux ou dans les EHPAD est toujours aussi dense. La population vieillit de plus en plus, le secteur est vu comme « difficile physiquement et émotionnellement » et peine à recruter.

Des spécialistes de la santé tels que les agents de service hospitalier ou les auxiliaires de vie sont particulièrement demandés en ces temps difficiles. Par ailleurs, les fonctions supports au sein des structures médicales sont aussi très recherchées (secrétariat, cadre supérieur en management) dans l’accompagnement des patients et le traitement des dossiers.

8. Le BTP

Le BTP, qui représente 19 % des emplois intérimaires, a fortement subi la crise économique et sanitaire de mars 2020 avec plus de 80 % de baisse d’activité (7). Cependant, depuis la fin du confinement l’activité reprend progressivement avec une organisation différente et des mesures de sécurité adaptées.

D’après l’Insee, en juillet 2020, "les entrepreneurs du bâtiment sont plus nombreux que le mois précédent à anticiper une hausse de leurs activités pour les trois prochains mois".

Leur carnet de commandes est passé de 8 à 7,3 commandes clients par rapport à avril dernier (8) mais les entrepreneurs du bâtiment se montrent optimistes quant à une reprise même si les commandes n’atteignent pas leur niveau d’avant crise. Pourtant, grâce à la mise en place de mesures sanitaires et de recommandations spécifiques, le secteur redémarre et prévoit même d’embaucher.

Les métiers du BTP qui vont recruter sont avant tout des emplois qualifiés : la manœuvre (BTP, structure métallique), le soudage, le maçonnage, la conduite d’engins, les chefs de travaux, de chantiers et les chefs de projet BIM (9). Le BTP est un domaine dans lequel les demandeurs d’emploi peuvent se former rapidement, ce qui constitue un réel avantage en termes de recrutement de nouveaux talents. En plus, les agences temporaires pour l’emploi ont pour coutume de financer un bon nombre de formations.

9. Le secteur de la biologie et de la chimie

Ce secteur d’activité a été particulièrement engagé durant la crise du covid-19 pour tester des traitements mais également afin de trouver un vaccin. De la biologie, à la chimie en passant par les mathématiques, toutes les professions se sont mobilisées et continuent de le faire actuellement.

Parmi les métiers qui vont le plus recruter en septembre 2020, nous retrouvons notamment les bios informaticiens, les employés techniques de laboratoire, les techniciens biologistes et les Ingénieurs de recherche en laboratoire.

10. Les métiers de l’agriculture

D’après Emploi.gouv, en mai 2020 le secteur de l’agriculture a subi une baisse de 25 % des emplois intérimaires. En revanche, pendant la crise du covid-19, les agriculteurs recherchaient des bras en urgence pour sauver leurs récoltes. Ce domaine, qui était en manque de main d’œuvre, a d’ailleurs été soutenu par l’opération #Des BrasPourTonAssiette.

" Plus de 240 000 volontaires avaient répondu mi-avril à l’appel lancé par le ministre de l’Agriculture le 24 mars pour aider les agriculteurs à embaucher . Et au total, ce sont près de 300 000 candidats" qui ont été enregistrés.

Par ailleurs, la recherche d’emplois saisonniers pour le travail des vendanges est maintenue malgré le contexte actuel.

Le domaine de l’intérim a fait parti des plus grandes victimes de la crise économique et sanitaire. De nombreux professionnels pensaient que le secteur rebondirait juste après le déconfinement. En réalité, les entreprises souffrent d’un manque de visibilité qui retarde la reprise d’activité à septembre 2020.

Beaucoup d’entre elles ont accumulé du retard dans leur production et prévoient de recruter, même si en France la reprise économique est compliquée. Les partenaires sociaux ont plus de difficultés à se mettre d’accord et notre pays manque de flexibilité en matière de conditions de travail. Cependant, l’histoire a démontré que le secteur de l’intérim sera l’un des premiers types de contrats sollicité lorsque l’activité reviendra à la normale. Les entreprises, par précaution, privilégieront les emplois plus « précaires » aux CDI.

Pour finir, les annonces d'Emmanuel Macron en mai et en juin dernier ont redonné de l’espoir aux industries made in France (en particulier l’automobile et le domaine pharmaceutique) avec une volonté de relocalisation de la production étrangère au niveau national. Un espoir pour la création de nouveaux emplois au sein de notre pays.